Photos, articles, vidéos… de la 35e édition de la légendaire Coupe de l'America

Actualité à la Hune

COUPE DE L’AMERICA

Dans deux jours, un challenger disparaît...

Mercredi la journée devait être cruciale pour nombre d’équipes, à commencer par Groupama Team France rencontrant les Japonais puis les Anglais. Mais le vent ne s’étant jamais levé, les régates du jour ont été reportées de 24 heures et du coup, le jour de réserve initialement prévu annulé. Etat des lieux.
  • Publié le : 02/06/2017 - 00:02

Coupe de l"AmericaAnglais et Suédois ici à la lutte lors de la quatrième journée ne s’attendaient sans doute pas à ne marquer aussi peu de points chacun !Photo @ R. Pinto/ACEA
David Lanier, le météorologue de l’équipe de France (il était à Rio pour les derniers jeux Olympiques), cadre technique à la Fédération française de voile et détaché aux Bermudes, n’était guère optimiste mercredi : une dorsale anticyclonique générait un vent synoptique très faible sur l’archipel. Et comme dans ce lieu perdu au milieu de l’Atlantique, les effets thermiques sont proches de zéro, la prévision météo avec un vent de 7 nœuds de NE faiblissant au début d’après-midi s’est vérifiée. Il faut rappeler que pour qu’un départ puisse être donné, le vent doit souffler à un minimum de 6 nœuds durant au moins trente secondes, et ce entre les 8 minutes précédant l’entrée des bateaux dans la «box» (la zone de course) et le prédépart. Sous un violent cagnard, les équipages ont patienté à l’abri des ailes, voire sous des parasols à bord de Groupama Team France, avant de rentrer à terre à 16 heures locales.

Groupama Team FranceGroupama Team France a surpris ses concurrents par sa vitesse dans le medium.Photo @ E. Stichelbaut/ACEA
Ce jeudi, les prévisions météo n'étaient guère plus réjouissantes, mais la journée permettait néanmoins de lancer les régates prévues la veille. Cette météo qui devrait perdurer encore vendredi avec un petit renforcement samedi (de 10 à 12 nœuds) n’était pas pour déplaire aux Français, a priori plus à l’aise dans ces conditions… Où en sommes-nous après sept régates sur dix de courues  ?

Emirates Team New ZealandImpressionnants Kiwis, dont les trajectoires lors des virements, empannages ou abattées sont d’une absolue fluidité.Photo @ R. Pinto/ACEA

Américains et Néo-zélandais se détachent !

Ce n’est pas vraiment une surprise, les deux derniers finalistes de la Coupe de l’America en 2013 à San Francisco sont clairement un ton au-dessus. Avec six victoires et une seule défaite en sept courses, les deux bateaux menés respectivement par l’Australien James Spithill et le Kiwi Peter Burling, confirment leur statut. De toute façon dans deux jours, les Américains vont retourner naviguer entre eux, attendant tranquillement la finale, rassurés s’il en était besoin quant à leur potentiel et leur maîtrise. Difficile de croire que cette équipe n’a que 75 millions d’euros de budget contre 85 pour les Néo-Zélandais, 140 pour les Anglais, 70 pour les Suédois, 36 pour les Japonais et 30 pour les Français ? Les Kiwis sont au rendez-vous, mais qui pouvait en douter ? Comme toujours, ils ont pris des options différentes mais osées (pédaliers de vélo, réglage de l’aile uniquement sur hydraulique…), naviguant au près plus contre-gîtés, virant de bord à une vitesse vertigineuse, et possédant à la barre un type (Peter Burling, champion olympique de 49er à Rio) d’un calme et d’un talent ahurissants.

ArtemisLe point perdu face aux Néo-Zélandais suite à une erreur manifeste d’arbitrage, pourrait coûter cher aux Suédois… Photo @ S. Van der Borch/Artemis Racing
Artemis en ballotage défavorable

On disait avant le début de la compétition des Suédois d’Artemis qu’ils avaient déjà un pied en demi-finale, tant leurs performances ont impressionné en entraînement. Ils semblent intouchables ou presque quand le vent atteint 20 nœuds, mais depuis le début des courses, il n’y a pas encore eu de vraie journée de brise… Ce sont les seuls qui, pourtant, ont battu les Américains le deuxième jour et qui auraient dû battre les Néo-Zélandais avant qu’une regrettable et scandaleuse erreur des umpires (arbitres) ne les privent d’une victoire nette et sans bavure. Avec deux points seulement en sept courses, l’équipage mené par le champion olympique australien Nathan Outteridge a le «couteau sous la gorge» mais tous les arguments pour se «sauver».

Les Japonais dans le match

Dean Barker, débarqué du syndicat néo-zélandais après la cruelle défaite face aux Américains en 2013, a trouvé «refuge» chez les Japonais et rumine sans doute sa revanche derrière une apparente placidité. Les Japonais vont vite dans toutes les conditions et manœuvrent parfaitement bien… même s'ils n’ont à ce jour que trois points au compteur. Il n’est pas inutile de rappeler que SoftBank Team Japan est quasiment le sistership d’Oracle Team USA, que son équipe a bénéficié du «package» technologique du defender, et de fait du développement du bateau. CQFD.

CarteLe plan d’eau avec les prévisions de David Lanier, le météorologue de Groupama Team France.Photo @ D. Lanier/FFVoile/GTF

Les Anglais en plein doute

On a beau avoir le plus gros budget (près de 150 millions d’euros), une équipe pléthorique (120 personnes), un quadruple médaillé d’or olympique à la barre, cela ne fait pas tout. Si Land Rover BAR n’avait pas dans sa «besace» ces deux points de bonification acquis lors des deux saisons des Louis Vuitton America Cup World Series en 2015 et 2016, ils seraient trois points après six courses. Mais le règlement est le règlement, et les Anglais avec cins points devraient passer le «cut». N’empêche, ils ne sont pas convaincants. Ben Ainslie est tendu, on murmure que les foils sont tellement instables que le bateau parfois semble incontrôlable, ce qu’on a pu voir lors du violent choc face aux Japonais où le cata anglais a semblé se dérober sous les mains de son barreur sans prévenir.

Franck CammasOn peut faire confiance à Franck Cammas pour ne rien lâcher et tout tenter pour se qualifier en demi-finale samedi.Photo @ E. Stichelbaut/ACEA

Les Français en parfaits outsiders !

Soyons honnêtes, peu de gens misaient un euro sur les Français. Plus petit budget, équipe de 50 personnes «seulement», neuf navigants dont six wincheurs quand les autres en ont au moins le double… La plupart des observateurs ne voyaient pas comment Groupama Team France allait marquer le moindre point. On connaît la suite.
Un, le bateau est bien né et est rapide, le design team autour de Martin Fisher ayant réalisé un super boulot en un temps record.
Deux, Cammas a cette faculté de pousser les gens jusqu’à la limite et sans la moindre concession, mais avec les résultats que l’on sait (on pense à la Volvo Ocean Race remportée en 2013).
Trois, Thomas Le Breton à la tactique impressionne par son calme et son flair, quand Thierry Fouchier au réglage de l’aile apporte son immense expérience et rassure Franck Cammas. Quand aux six wincheurs qui se relaient, ils sont évidemment au rendez-vous et ont tous un passé de très haut niveau en voile. Les Français ne cessent de progresser au fil des manches. Compte tenu de la météo à venir et si Cammas est un peu plus agressif sur les phases de départ, ils peuvent logiquement intégrer le dernier carré. Mais comme dit un très bon connaisseur sur place en «off» : «de toute façon, les Français ont déjà réussi leur Coupe vu le retard avec lequel ils sont partis, et la relève qui arrive est de très bon augure pour la suite (les jeunes du Défi Team France Jeunes engagés sur la Red Bull Youth America’s Cup ont gagné les premières courses d’entraînement, ndlr).

GraphiqueVoici le document de synthèse météo transmis à l’équipage de Groupama et le coach Bertrand Pacé avant de partir sur l’eau en ce 1er juin. Photo @ D. Lanier/FFVoile/GT

35e Coupe de l’America

Qualifiers, Round Robin 2

Manches du 1er juin 2017


SoftBank Team Japan bat Groupama Team France
Emirates Team New Zealand bat Land Rover BAR
Oracle Team USA bat SoftBank Team Japan 
Land Rover BAR bat Groupama Team France

Classement

1. Oracle Team USA (USA), 7 points
2. Emirates Team New Zealand (NZL), 6 points
3. Land Rover BAR (GBR), 5 points

4. SoftBank Team Japan (JAP), 3 points
5. Groupama Team France (FRA), Artemis Racing (SUE), 2 points
 

Programme du vendredi 2 juin

Emirates Team New Zealand - SoftBank Team Japan (19 h 08)
Artemis Racing - Oracle Team USA (19 h 37)
Emirates Team New Zealand- Groupama Team France (20 h 06)
SoftBank Team Japan - Artemis Racing (20 h 35)