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Actualité à la Hune

Louis Vuitton America’s Cup World Series

En mer avec ''coach Pacé''

Nous avons pu vivre les deux régates du jour à bord du semi-rigide d'assistance de Groupama Team France en compagnie de Bertrand Pacé, coach de l’équipe. Reportage.
  • Publié le : 29/08/2015 - 18:46

Groupama Team France GöetborgLes Français doivent se contenter de la dernière place du général après les régates disputées ce samedi à Göteborg.Photo @ ACEA 2015 / Gilles Martin-Raget

Il est 12 h 45 sur le plan d’eau de Göteborg. Et la décision/sanction du comité de course tombe sans appel : pas d’invité à bord des AC45f lors des deux régates du jour. A regret, on descend d’un bateau à bord duquel nous avions jusque-là l’immense chance de naviguer. Pour un peu on s’attacherait sur la poutre arrière tellement on en redemande après avoir volé une bonne partie de la matinée ! Cela donnera lieu à un reportage dans le prochain numéro de Voiles et Voiliers à paraitre mi-septembre.
La déception est un peu atténuée à l’idée de vivre les manches à bord du semi-rigide d’assistance des Français en compagnie de Bertrand Pacé, coach de l’équipe, l’un des marins tricolores - sinon le marin –  parmi les plus expérimentés en matière de Coupe de l’America.

A bord du bateau, dont les commandes sont tenues par Sébastien Stéphant ‘’boat captain’’, se trouvent aussi Julien Pilate, en charge de la performance ; Elise Bakhoum, chargée du gréement et Louis Viat qui s’occupe de la logistique course. Le vent de Sud-Sud-Est s’établit entre 12 et 14 nœuds avec une tendance à s’atténuer ; la mer est belle.  

Pacé filme, fulmine et parfois fume

Le compte à rebours défile et l’embarcation vient se positionner, au vent du départ, entre des îlots rocheux sur lesquels ont pris place des spectateurs et la ligne, juste à côté de celle de Oracle Team USA où officie Philippe Presti, au rôle identique à celui de Pacé, auprès des Américains et qui a du se faire greffer une petite caméra sur la main droite tellement il filme.
Sur un grand panneau lumineux, installé sur le bateau comité, défile le temps restant avant le départ, décompte repris oralement par Pilate. Las, le cata français se trouve enfermé et ne peut se lancer correctement alors que Oracle, pleine balle, trouve un trou de souris pour dépasser ses adversaires. Plus personne ne reverra le bateau américain.


Bertrand PacéCoach de l"équipe française, Bertrand Pacé (à droite) dicte ses commentaires à Julien Pilate (à gauche).Photo @ Philippe Joubin
Plus difficile donc est l’envol des français qui, peu à peu, cèdent du terrain. Muni d’une mini caméra, Pacé filme, fulmine et parfois fume aussi alors que le pilote vient positionner le bateau d’assistance non loin de la première marque, le restant de la régate étant ensuite passée à la porte au vent.
Lors des trois premiers bords, les tricolores concèdent du terrain mais demeurent à portée. Au cours du quatrième c’est la bérézina et ils se retrouvent coincés par une molle non loin du banc de rochers se trouvant au beau milieu du plan d’eau. Les mines à bord du semi-rigide deviennent déconfites… « Les gars, réclame Pacé, il faut un peu de tolérance ! »
Installé à gauche de Stéphant, le coach ne cesse de glisser ses impressions à Pilate qui, scrupuleusement, les note sur son petit calepin. Manière de naviguer des Français, analyse du plan d’eau, tactique générale, réglages des autres concurrents, manœuvres sur tous les bords, tout y passe.
La mitraillette Pacé ne cesse une minute et se veut toujours constructive dans ses remarques. Gros défaut à bord de Groupama Team France en ce jour : sa difficulté à décoller une fois les bouées au vent enroulées alors que le vent faiblit mais aussi cabrage souvent trop important d’où un déficit de vitesse au portant.

 

Les Français terminent derniers de la première manche. A bord du cata de Cammas, c’est soupe à la grimace. Le coach est immédiatement  embarqué pour un débriefing à chaud et regonfler les troupes. De la tactique bien sûr ; du mental aussi. Les réglages de l’ailette sous le safran sont légèrement repris pendant qu’Elise Bakhoum et ses doigts de fée interviennent en pied de mât.  La piqure a prise : lorsque Pacé débarque laissant face à leur régate les cinq d’équipages, Devan Lebihan ne peut s’empêcher de lâcher un tonitruant et mobilisateur : « allez les gars on y va ».

Débriefing en merEntouré de l"équipage, Bertrand Pacé tient un débriefing entre les deux manches à bord de Groupama Team France.Photo @ Philippe Joubin

Du mieux lors de la deuxième manche

Départ de la deuxième manche. Le catamaran vert est bien positionné au vent de la flotte et correctement lancé. S’il ne coupe pas la ligne en premier c’est tout comme. Mais là encore, les gros bras américains, britanniques et néo-zélandais font parler la poudre et peu à peu s’envolent. Groupama Team France résiste un temps au bateau japonais avant de céder, parvenant à contenir les suédois d’Artemis, en particulier grâce à l’utilisation du Code Zéro au portant et de choix tactiques judicieux sur le plan d’eau. Le coach retrouve de l’entrain.  Cette deuxième manche est beaucoup plus positive même si les Français se classent cinquième d’une régate une fois encore gagnée par les Américains. Les manœuvres sont percutantes ; la tactique est meilleure ; le déficit de vitesse existe encore mais a été un peu comblé.

Groupama Team France GöetborgC"est lors des phases de transition que Groupama Team France a du mal, comme ici lors de cette ruade.Photo @ Philippe Joubin

«C’était bien les gars, lance Pacé à l’équipage une fois la régate terminée. En particulier de très beaux empannages sous Code Zéro. » Il n’en dira guère plus en mer, se réservant pour un débriefing plus complet une fois de retour à terre et après une réparatrice collation avalée par les navigants. « Il n’y a pas de miracle, conclut le coach, et il ne fallait pas en attendre. On souffre par rapport aux autres. Notre plus gros déficit actuellement concerne les phases de transitions lors des relances du bateau. Il y a du travail mais ça on le savait. On ne rattrape pas comme cela quatre ans de retard et toute l’expérience accumulée avec ce genre de bateaux par nos adversaires. » Mais c’est la grandeur du challenge et plus volontaire que Pacé lorsque la montagne est haute, il y a peu.

 

RESULTATS
1e manche :

1.       Oracle Team USA : 10 pts

2.       Land Rover BAR : 9 pts

3.       Emirates Team New Zealand : 8 pts

4.       Artemis Racing : 7 pts

5.       SoftBank Team Japan :  6 pts

6.       Groupama Team France  : 5 pts

2e  manche :

1.       Oracle Team USA: 10 pts

2.       Land Rover BAR : 9 pts

3.       Emirates Team New Zealand : 8 pts

4.       SoftBank Team Japan: 7 pts

5.       Groupama Team France :  6 pts

6.       Artemis Racing  : 5 pts

Oracle GöteborgOracle Team USA a survolé les deux manches du jour, s"installant en tête du classement général provisoire.Photo @ ACEA 2015 / Gilles Martin-Raget
 

Classement général des Louis Vuitton America’s Cup World Series de Göteborg après deux régates :

1. Oracle Team USA : 20 pts


2. Land Rover BAR : 18 pts

3. Emirates Team New Zealand : 16 pts

4. SoftBank Team Japan : 13 pts

5. Artemis Racing : 12 pts

6. Groupama Team France : 11 pts


Résultats cumulés après la première manche  de Portsmouth et les deux régates
disputées ce jour à Göteborg :

1. Land Rover BAR (GBR) : 37 pts

2. Oracle Team USA (USA) : 36 pts

3. Emirates Team New Zealand (NZL) : 34 pts

4. SoftBank Team Japan (JAP) : 26 pts

5. Groupama Team France (FRA) : 24 pts

6. Artemis Racing (SUE) : 23 pts

 

Au programme demain
Deux régates à suivre à partir de 13 heures (les points inscrits lors des courses dominicales comptent double). Régates à vivre en direct sur Canal + Décalé puis en différé à 19 h 10 sur Canal + Sport.